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Désherbage des prairies

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L’équilibre des espèces et la couverture du sol d’une prairie doivent permettre d’éviter la plupart des traitements chimiques. Il faut privilégier l’entretien régulier, et s’il y a besoin associer un désherbage chimique à une gestion du salissement au quotidien, pour éviter de revenir à la situation de départ.

Le seuil de nuisibilité des adventices varie selon les espèces : 

Les plus gênantes, car non consommées, toxiques et/ou très envahissantes, telles que les chardons, rumex, orties, renoncules… ne devraient pas dépasser 5 % de la flore ou moins de 2 plantes par m², voire 1 plante par 5 m² pour les rumex.

Le pissenlit ne devient problématique que si les plantes s’individualisent dans le couvert.

Les plantes riches en substances secondaires comme les tanins (plantains, achillées, pissenlits, etc.) peuvent permettre une meilleure valorisation de la ration, avec la protection des protéines, la stimulation de l’activité microbienne du rumen, ou la diminution du risque de météorisation. Souvent riches en sucres, elles sont aussi un atout pour l’ensilage. Une présence modérée de ces espèces peut avoir de l’intérêt, leur éradication n’est pas nécessaire.

 

 


Le chardon des champs

Il est capable de se développer à la fois par graines et par reproduction végétative, grâce à des rhizomes souterrains. A ne pas confondre avec le chardon commun, beaucoup moins envahissant : il ne se propage pas par rhizomes et est facile-ment maîtrisé par des fauches avant montée à graines.

Les pratiques pour limiter son développement :

Fauchez les chardons au stade boutons floraux, pas avant la mi-juin : on évite toute production de graine et on fragilise l’individu au moment où il a épuisé ses réserves pour monter à fleur.

Attention, broyé à un stade plus jeune, on favorise le développement de nouveaux rhizomes. 

  • Répétez cette fauche à chaque cycle de floraison (deux à trois fois par an), pour ne laisser passer aucune montée à graine.
  • En cas de rénovation de la prairie, évitez l’utilisation d’outils à disques ou de herses scarificatrices qui couperaient les rhizomes, entraînant l’apparition de nouveaux individus.
  • Dans les prairies assolées, une luzerne concurrence et contribue à éliminer les chardons d’une parcelle.

Les traitements chimiques CHARDON :
ARIANE, BANVEL 4S, BOFIX,OPTI-PRÉ ou GARLON STAR (à utiliser seulement en localisé).

Non sélectifs des légumineuses, ces produits sont à utiliser d’abord en localisé sur ronds, à éviter en plein ou à réserver en cas d’infestation majeure.

 

 

 


Les rumex crépus et à feuilles obtuses

Ils privilégient la reproduction par graines, résistantes au système digestif des animaux pâturants et viables pendant plusieurs décennies dans le sol.

Ils peuvent également être véhiculés par les fumiers ou lisiers. Seul un compostage fait dans les règles de l’art (2 retournements pour une montée en température suffisante) permet de détruire ces graines.

Les pratiques pour limiter leur développement :

  • Fauchez les hampes florales. Mais même une fois coupées, elles peuvent produire des graines viables une semaine après floraison. Mieux vaut donc exporter et brûler ces hampes.
  • Attention, avec les broyages à répétition, la hampe florale se développe de plus en plus bas, il faut donc couper de plus en plus ras pour ne rien laisser.
  • En entretien régulier, un arrachage manuel est efficace, avec utilisation d’une fourche à rumex prélevant la racine jusqu’à 15 cm de profondeur.

Les traitements chimiques RUMEX :

  • ALLIE SX à utiliser en localisé (non sélectif du trèfle blanc), ou en plein si besoin, mais à partir de fin septembre. Produit très effi-cace contre les rumex, utilisé en plein au printemps, il entraîne un fort retard de pousse des graminées.
  • HARMONY SX à l’automne (à partir de fin août) ou GRATIL à l’automne ou au printemps : traitement au stade rosette, avant montée de la hampe florale. GRATIL est moins efficace qu’HARMONY, mais davantage sélectif du trèfle blanc.
  • OPTI-PRÉ, à utiliser après une première exploitation au printemps. Efficacité de longue durée.

Les traitements d’automne ont une efficacité plus durable sur les souches (sève descendante). Quel que soit le produit, le traitement est à répéter plusieurs années de suite.

 

 


Le pissenlit

Il est appétant et de bonne valeur alimentaire (riche en cuivre), mais attention à l’envahissement pour la productivité de la prairie.

Il a un fort pouvoir de colonisation grâce aux graines disséminées par le vent.

Il se développe dans les prairies riches en matière organique (parcelles de nuit, épandages répétés de lisier…), surtout s’il y a beaucoup de sol nu suite à un couvert abîmé par du surpâturage.

Les pratiques pour limiter son développement : 

  • Evitez les fauches précoces en ensilage et allongez les temps de repousse entre chaque pâturage pour ralentir le rythme d’exploitation.
  • Evitez la germination et l’implantation des graines, en réintroduisant des fauches tardives en foin.


Les traitements chimiques PISSENLIT :
ARIANE, ALLIE SX, LONPAR, BOFIX ou OPTI-PRÉ.


Les renoncules

Elles sont vivaces, pas ou peu consommées en frais. La renoncule rampante est favorisée par le tassement et le surpâturage, qui laissent place au développement de ses stolons.  

La renoncule âcre s’observe souvent en conditions humides combinées à un pH plutôt acide et se dissémine uniquement par graines.

Les traitements chimiques RENONCULES :
HARMONY SX, ALLIE SX, LONPAR ou OPTI-PRÉ.


Les orties

Elles se développent en cas de sous exploitation et sur fertilisation en azote. 

Les pratiques pour limiter leur développement :

Une fauche régulière, alliée à une bonne exploitation de la prairie (alternance fauche/pâture, chargement adéquat), permet de mettre fin à leur développement.

Très peu consommées en vert, les orties séchées sont au contraire très appréciées par les animaux et leur valeur alimentaire est élevée. Elles peuvent donc être maîtrisées par des fauches de refus fré-quentes avant leur floraison, de juin à septembre, pour éviter leur propagation par graines.

Les traitements chimiques ORTIES : ALLIE SX, OPTI-PRÉ, GARLON 2000 ou STAR. Ces 2 derniers ne sont à utiliser qu’en localisé.


Cas des ronces, broussailles et rejets ligneux

Ils se développent en cas de sous-utilisation (chargement insuffisant, pente, pieds de clôtures).  
Il est possible de les contenir par du broyage une à deux fois par an.

Le traitement chimique des ronces doit être effectué au début de l’automne (sève descendante), la matière active devant se propager jusqu’aux racines pour mieux les détruire.

Vu le coût élevé des produits et leur absence de sélectivité vis-à-vis des légumineuses, seuls des traitements localisés des broussailles sont à envisager (GARLON STAR, GARLON 2000, PRO, GENOXONE ZXE, ...).

Attention à la rémanence des produits en cas de sursemis ou resemis après traitement chimique

Après un traitement avec un produit contre les dicotylédones vivaces, il faut respecter un délai avant de resemer ou sursemer la prairie pour limiter le risque de rémanence, particulièrement sur les légumineuses.


Le semis, phase cruciale

Levées de vivaces : éliminez-les au plus tôt !

Un jeune semis installé après travail du sol a toutes les chances de se voir concurrencé par une levée plus ou moins massive d’adventices annuelles.

Dans un premier temps, privilégiez le préventif !  

Il est préférable de prévoir un faux semis. Un premier travail du sol superficiel très bien rappuyé sera suivi d’un second 10 jours plus tard. Le premier passage provoque une levée de dormance d’une partie du stock semencier du sol, alors que le deuxième viendra détruire les jeunes levées.

Le semis définitif n’intervient qu’après. Assurez une bonne couverture du sol, par un semis à la volée (semoir centrifuge ou bottes relevées sur un semoir à céréales), ou un semoir spécialisé à écartement réduit.

Ensuite, optez pour la voie mécanique

Il est probable qu’une nouvelle levée d’adventices accompagne encore celle de la prairie. S’il s’agit d’annuelles peu envahissantes, une simple fauche de printemps viendra « nettoyer » le couvert et redonnera la place aux espèces souhaitées.

Surveillez particulièrement le mouron des oiseaux (ou stellaire), la ravenelle et la renouée des oiseaux, qui sont les plus pénalisantes. Pour les semis de fin d’été, le gel devrait en détruire la plupart (capselle par exemple), mais surveillez les moins sensibles au froid  (le mouron des oiseaux).

Semer sous couvert ?

Utile surtout dans le cas d’un semis de printemps et d’espèces lentes à l’installation (dactyle, fétuques, légumineuses), l’ajout de 50 kg d’avoine dans le mélange couvrira vite l’espace, limitant ainsi le salissement.

Une fauche printanière constituera un stock fourrager intéressant, en attendant l’installation progressive de la prairie.

Le semis pourra se faire en deux temps : la céréale en ligne en premier, suivie par le mélange prairial, en ligne ou à la volée.

La taille des graines étant totalement différente, incorporer les deux dans un même semoir entraînerait une mauvaise homogénéité du semis.


Désherbage chimique

La solution chimique, uniquement en cas de danger

Si la levée d’adventices prend des proportions trop importantes, risquant d’étouffer la prairie, ou si des vivaces se développent de nouveau (chardons, rumex ou berce commune), un traitement chimique pourra être utile.

Désherbage chimique, les conditions à respecter

Tout utilisateur de produits phytosanitaires à des fins professionnelles doit posséder un certificat d’aptitude obligatoire : le Certificat individuel Certiphyto.

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Dans tous les cas, il est important de prendre le temps de lire l’étiquette du produit pour connaître ses conditions d’application, les risques pour la santé et les précautions à prendre, et respecter l’homologation : dose, espèces concernées (notamment en cas de mélange), délai avant récolte…

Préférez des applications tôt la matin et tard le soir par temps poussant : température entre 10 et 20°C , depuis 5 à 6°C pour GRATIL et ALLIE SX, hygrométrie supérieure à 60 %, en absence de vent et avec une période sans pluie d’au moins 4 heures après le traitement (1 heure pour GRATIL).

  • Tout sur les règles phytosanitaires

 

 

Contact

Besoin d'informations ?
Un conseil personnalisé ?

Emilie VALLET

Conseillère technico-économique bovin et production fourragère

Tél : +33 (0)2 32 47 35 67

A NOTER

Lutter contre le salissement c’est : 

  • Conserver un couvert fermé.
  • Eviter le surpâturage, surtout en période sèche.
  • Eviter le piétinement en condition humide.
  • Sur-semer les zones avec beaucoup de sol nu (près des entrées, des points d’affouragement, après un désherbage sélectif, zones avec dégâts de rongeurs ou taupinières).
  • Au semis, limiter l’écartement inter-rang, ou prévoir un couvert.


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