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Rénovation des prairies

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Rénovation des prairies exemple herse

Les relevés floristiques des prairies permanentes montrent des taux assez bas d’espèces à bonne valeur fourragère :

Sur 340 inventaires réalisés en Normandie par l’INRA, on relève en moyenne 33% d’espèces considérées comme ayant une bonne valeur fourragère, dont 16% de ray Grass anglais et 11% de trèfle blanc. Les aléas climatiques, les pratiques trop extensives, et surtout un manque de rigueur dans la conduite du pâturage peuvent conduire à la dégradation assez rapide des prairies.


Etape 1 : Diagnostic floristique

Afin de vérifier s’il y a nécessité de rénover complètement, ou seulement d’améliorer par une adaptation de la conduite, il faut réaliser (ou faire réaliser) un diagnostic floristique des prairies qui posent question.

Il s’agit d’estimer la contribution des espèces les plus représentées, en dénombrant leur abondance dans une dizaine de poignées d’herbe prélevées. On vérifie également l’importance des vivaces indésirables, telles que chardons et rumex.

Le tour de prairie doit aussi permettre de comprendre les causes de la dégradation, pour envisager une conduite d’amélioration. En dessous de 50% de bonnes espèces, il faut intervenir. La productivité et la valeur alimentaire de la prairie deviennent alors insuffisantes pour des animaux aux besoins élevés, comme les vaches laitières. Pour des animaux à plus faible besoin, on peut tolérer un seuil minimum de 30% de bonnes espèces.

Autour de ces proportions, l’amélioration par les pratiques reste possible. C’est la méthode la plus douce et la moins coûteuse, mais elle demande plus de temps. On agit en modifiant les techniques d’exploitation et surtout l’organisation du pâturage. Des désherbages sélectifs, souvent localisés, contribuent à éliminer les vivaces.

Si des mauvaises pratiques ne sont pas corrigées après une rénovation, le retour à la case départ sera immédiat.


Etape 2 : Choisir la technique de rénovation appropriée

Le sursemis 

La technique consiste à regarnir la prairie sans détruire la flore existante.

Le sursemis nécessite un fond prairial composé au minimum de 30% de ray Grass anglais, trèfle blanc ou autres bonnes espèces.

Un certain nombre de conditions sont à prendre en compte pour limiter le côté aléatoire de cette technique, qui ne réussit pas dans 100% des cas.

Un taux d’agrostis modéré, une prairie rase  avec un minimum de sol nu, le choix d’espèces suffisamment agressives, des techniques de semis favorisant le contact terre/graine.... Bon nombre de prairies permanentes ne peuvent être rénovées par sursemis, montrant des végétations  trop fermées, sans espace vide. Il faut choisir une période de croissance ralentie et saisir les opportunités offertes par la météo.

Les conditions de réussite

  • au moins 30% de bonnes espèces
  • présence de sol nu (ou hersage agressif si nécessaire)
  • très peu d’agrostis
  • couvert ras, après fauche ou sortie de pâture
  • rappuyage du sol par roulage ou piétinement des animaux.

Etape 3 : Roulez !

  • Quelle que soit la technique de rénovation, une des clés de réussite est de rappuyer convenablement le sol. 
  • Préférez les rouleaux crantés aux rouleaux lisses (à proscrire), type cultipaker ou croskilette, rouleaux à spires.
  • Si la prairie lève, évitez la croskilette ou les rouleaux à spires trop agressifs.
  • Pour une rénovation mécanique, comme pour un semis après labour, passer au minimum 2 fois, en travers du semis, parce que le sol est souple et sec en surface.
  • Dans le cas du sur-semis, le meilleur tassage reste un passage d’animaux. Il faut un chargement élevé.

La rénovation en question

Détruire chimiquement l’ancienne prairie ?

Que l’on travaille en semis direct ou en travail superficiel du sol, il est possible de détruire l’ancien couvert par un traitement chimique total, type glyphosate. Cette destruction peut se faire à plusieurs moments. 

 

Avantages
Laisse la place à l’implantation du jeune semis.


Inconvénients
Ne détruit pas les vivaces bien installées.
L’ancien couvert peut repartir même après destruction.
N’évite pas l’effet anti- germinatif de l’agrostis.

Rénover avec ou sans labour ?

Le labour est efficace pour mettre en place une prairie de longue durée, notamment pour semer des espèces délicates à l’implantation, comme les fétuques.

Il permet, en plus des outils à dents de contribuer au décompactage des vieilles prairies.
Mais cette technique présente l’inconvénient de diminuer fortement la portance pendant un ou deux ans. Par ailleurs beaucoup de prairies sont sur des sols qu’il est préférable de ne pas labourer.

Si le labour s’impose pour différentes raisons (fort salissement, problèmes de structure de sol etc…), il est souvent bien préférable d’envisager une culture intermédiaire pendant une voire deux années (ex : un maïs suivi d’un blé et retour à la prairie en fin d’été) ; mais il faut être en règle avec la réglementation en vigueur (PAC, mesures agroenvironnementales etc.) .

En pratique quand le faire ?

  • En semis direct : le jour même du semis (juste avant, ou juste après).
  • Semis après destruction superficielle : raser la prairie, puis traitez 10 jours après et attendez encore 4-5 jours pour déchaumer.
  • Semis de printemps : détruire chimiquement à l’automne (de mi-octobre à mi-novembre) et laissez les vers de terre incorporer la matière organique tout l’hiver.

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A NOTER

La dégradation des prairies se traduit le plus souvent par une invasion de graminées de qualité moyenne à médiocre dont :

  • l’agrostis,
  • la houlque laineuse
  • et le pâturin commun.

Les agrostis (stolonifère et vulgaire) ont une forte capacité à coloniser le sol nu, par les nombreux stolons qui s’ancrent facilement au sol. Ses tiges rampantes libèrent dans le sol des substances qui freinent la germination des jeunes plantes que l’on sème : phénomène d’allélopathie. Cela entraîne des  taux de levées faibles en cas de sursemis, semis direct après désherbage.

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