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Septembre se nomme, le mai de l'automne

Observatoire Régional de la Croissance de l'Herbe

Semaine 37 - Botter en touche : « l’herbe d’automne ne vaut rien ». Des résultats hétérogènes, une moyenne de croissance à 39kg de MS pour la région Normandie avec des extrêmes allant de 2 kg de MS à 78 kg de MS. La pluie, au rendez-vous de début septembre a apporté la fertilité sur des terres réchauffées par l’été.

Avec des températures clémentes pour les 10 jours à venir nous allons avoir une belle période de pâturage voir de récoltes de fourrages de bonne qualité sur l’automne.

Le pâturage d'automne est un élément-clé pour gagner en autonomie fourragère.  Le coût alimentaire diminue quand la part d’herbe augmente. A la sortie de l’été, l’ajustement de la ration automnale doit être assez rapide et doit tenir compte des croissances des prairies pour optimiser le coût alimentaire. L’optimisation des quantités de concentrés permet une réduction du coût alimentaire de 15%.

En 2015, des échantillons d’herbe ont été prélevés toutes les deux semaines entre septembre et octobre sur les fermes participant à l’observatoire de l’herbe.

Les valeurs observées étaient de :

 

Analyses constitutives et chimiquesNombre d'échantillon
MS (%)
Mat minérale
MAT
Cellulose brute
DCS
NDF
Prairies permanentes1118,710621721882,2481
Prairies temporaires914,011723521084,8458
Moyenne des Prairies2016,611122521483,4470
Valeurs alimentairesNombre d'échantillonDM0
UFL
UFV
PDIN
PDIE
PDIA
UEL
UEB
Prairies permanentes1181,51,041,01146117570,920,87
Prairies temporaires982,31,010,98153108470,940,87
Moyenne des Prairies2081,81,031,00149113530,930,87



La pousse des prairies à l’automne 2015 a représenté plus de 25 % de la production annuelle.


Pour bien valoriser l’herbe d’automne, il faut adapter le chargement à la quantité d’herbe, limiter la distribution de fourrage complémentaire (soit sortir les animaux au pâturage avant la distribution du fourrage complémentaire et non après), et réduire le temps de sortie en cas de portance limitée.

Si les hauteurs d’herbe sont importantes, il ne faut pas hésiter à faucher les excédents en ensilage ou en enrubannage. Les récoltes du début de l’automne sont souvent de bonne qualité car riches en protéines.

Il faut vite reprendre les bonnes habitudes de pâturage pour ne pas gaspiller et préparer la saison suivante.

Conseils :

 

  1. Redimensionner les parcelles en offrant des surfaces adaptées aux besoins des vaches et tenir compte du stock d’herbe à pâturer ainsi que de la croissance.
  2. Ajuster la quantité de fourrage distribué, les vaches doivent avoir faim pour valoriser l’herbe. Distribuer un peu de fourrage fibreux pour lancer le rumen le matin et « à l’herbe » !
  3. Adapter le temps de sortie des animaux en fonction des conditions climatiques. Les vaches sont capables de consommer 7 à 8 kg de MS d’herbe pâturée en seulement 3 ou 4 heures, à condition de ne pas avoir eu à volonté un fourrage complémentaire pendant la nuit.
  4. Distribuer les fourrages complémentaires le soir : en une demi-heure, les vaches consomment 4kg de MS de maïs ensilage.
  5. Rester vigilant quant aux risques de météorisation. Sur des jeunes repousses de légumineuses, avec des parcelles riches en trèfles (>50%) et des matins humides et froids, il faut maintenir des fourrages grossiers avant la sortie au pâturage et adapter la complémentation minérale pour éviter des excès de calcium. Un apport de 40g d’oxyde de magnésie permettra d’éviter d’éventuelle tétanie d’herbage.

Le lycée agricole Les Champs de Tracy à Vire dans le Calvados (14)

Exploitation d’élevage laitier avec 400 000 litres de production laitière, en race mixte : Normande et Prim’Holstein. Le nombre UGB est de 98 avec un chargement de 1,7 UGB / ha SFP.

« L’objectif de conduite du troupeau est de valoriser au maximum l’herbe et notamment le pâturage pour être le plus autonome possible.
La mesure de l’herbe régulière permet de mieux appréhender la pousse de l’herbe, et du coup est essentielle dans les décisions sur le chemin de pâturage. En effet, elle nous permet de connaître réellement les stocks que l’on a sur nos prairies. Cette année, la croissance de l’herbe est bien mise à part deux semaines (une en juin et une en aout) où on commençait à être inquiet des réserves de stock, car il manquait un peu d’eau ; mais à chaque fois la pluie est arrivée au bon moment. Cela nous a permis de fermer les silos d’ensilage, et de bien valoriser nos prairies.

Nous espérons aujourd’hui que la pousse de l’herbe continuera, et que la portance de nos parcelles restera bonne aussi le plus longtemps pour rentrer les vaches au bâtiment le plus tard possible. »

 

 

 

Pascal Rougier
Référent agriculture biologique LITTORAL NORMAND